La solution vélo

Pour donner suite à nos propositions d’aménagements temporaires , nous avons adressé un courrier aux maires de Poissy, de Carrières-Sous-Poissy et aux présidents du département des Yvelynes et de l’intercommunalité GPS&O.

Créer des pistes cyclables temporaires c’est permettre à tous ceux qui se déplacent au niveau local de le faire en toute sécurité. C’est éviter un report massif des usagers des transports en commun vers la voiture individuelle et permettre à ceux qui n’ont pas d’autre choix de circuler dans de meilleures conditions.

Élisabeth Borne a annoncé sur RTL son soutien au projet.

Nous comptons sur la mobilisation de tous nos élus pour saisir cette opportunité et permettre la mise en place rapide de ces équipements d’utilité publique.

Urbanisme tactique

Tout le monde en parle en ce moment mais qu’est-ce que c’est au juste ? Wikipédia définit l’urbanisme tactique comme une façon de pratiquer l’urbanisme par les habitants et à l’échelle locale.

Pour Demain La Ville, l’urbanisme tactique est une intervention à petite échelle, de courte durée et à petit budget dans l’espace public. Moyen idéal pour connecter urbanistes et habitants, l’urbanisme tactique se propage un peu partout en France et dans le monde.

La démarche est parfaitement adaptée au moment que nous vivons. Le 11 mai prochain nous sortirons du confinement. Le retour à la normale ne se fera que très progressivement et il va falloir s’adapter très rapidement à de nouvelles conditions.

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La voiture est indispensable

dessin de Singer intitulé Voiture-Prison

Lorsque les « anti-bagnoles » s’attaquent au symbole de liberté qu’est la voiture, lorsqu’ils dénoncent la société du tout-automobile, on leur rétorque assez souvent que, de toute façon, « la voiture est indispensable ». Cette affirmation, péremptoire, suffit généralement à détruire dans l’œuf toute discussion future : tout argument, toute idée avancée par les « anti-bagnoles » est balayé par le caractère parfaitement indispensable de l’objet. Nous verrons alors nombre de militants tenter d’infirmer cette allégation, sans jamais réussir à faire changer d’avis leurs interlocuteurs.

Disons-le tout net : oui, aujourd’hui, la voiture est indispensable. Alors, quoi, les écolos ont-il bouffé de la vache du cheval enragé ? Comment peuvent-ils ne pas voir que la voiture est indispensable ? Pourquoi se battent-ils contre ce qui est nécessaire ?

Je pense pour ma part que l’incompréhension entre « anti » et « pro » vient d’un problème de temporalité. Lorsqu’un anti-voiture expose ses idées, on imagine généralement qu’il veut voir disparaître l’intégralité des voitures de la rue dès le lendemain. Mais alors, rétorque le quidam judicieusement, comment je fais pour aller au boulot ? Faire mes courses ? Emmener le gamin à son cours de Rugby ? Aller voir tante Germaine ce week-end ? Et les magasins, comment seront-ils approvisionnés ?

Bien entendu, chacun de ces problèmes a une réponse, mais la plupart du temps elles s’étalent dans le temps. Réponse typique pour le trajet au boulot : habiter moins loin du boulot, relocaliser l’activité, prendre les transports en commun, développer les réseaux de transport en commun, développer les réseaux cyclables, etc.

Ainsi, d’une problématique présente, la réponse se projette dans le futur.

Et même si, pour une grosse partie des déplacements, il existe une alternative (aller chercher son pain à 500m, se rendre à la gare située à 1km, etc.), il n’en demeure pas moins qu’en l’état actuel de la société, la voiture est indispensable pour la majeure partie de la population.

Alors, quoi, est-ce que « Un Vélo Qui Roule » a retourné sa veste ? Serait-on subitement devenus pro-voiture ?

Hé bien non, au contraire : le fait que la voiture soit indispensable aujourd’hui est un argument supplémentaire en faveur de la lutte contre la société du tout-automobile.
Dire « la voiture est indispensable », c’est aussi dire « nous n’avons pas le choix ». C’est cette dictature extraordinaire qu’il faut absolument combattre. Comment a-t-on pu, en quelques dizaines d’années à peine, passer d’un monde sans voiture ou presque, à un monde où celle-ci est indispensable ? L’homme aurait besoin d’eau, de nourriture, d’air, de sommeil… et d’une voiture ? Comment peut-on accepter d’être à ce point inféodé à cet objet de métal puant, bruyant, terriblement dangereux et incroyablement coûteux [1] ?

L’action individuelle, à base de « si on veut, on peut » [2], certes nécessaire et salutaire, n’est pas suffisante pour combattre l’implacable rouleau-compresseur qui, à force de bétonnage et d’étalement urbain, rend la voiture indispensable. Ainsi, se battre contre la société du tout-voiture revient à réclamer que la voiture redevienne un moyen de transport parmi d’autres, qu’on peut choisir d’utiliser ou non. Ce combat devrait être mené à la fois par les amoureux de la voiture et leurs détracteurs, puisqu’il revient à réclamer le retour du choix pour tous. Et puis, nul doute que nombre d’automobilistes aimeraient voir les bouchons disparaître…

Obtenir ce simple résultat serait un formidable pas en avant et requiert déjà d’incroyables décisions politique et changements de mentalités : arrêt de l’étalement urbain et de son corollaire le mitage, relocalisation des activités, ralentissement de la ville [3], fin des gigantesques pôles commerciaux au profit des commerces de proximités [4], arrêt de la glorification irrationnelle de la possession d’une voiture notamment à travers la publicité, etc.

Une fois ce combat mené et gagné, il sera beaucoup plus simple de réagir aux éventuels problèmes soulevés actuellement, par exemple sur l’état des réserves pétrolières ou de matériaux : si vraiment le prix du pétrole continue d’augmenter, alors il sera aisé de se passer de voiture dans une société qui n’est plus construite pour elle, et si on trouve effectivement une super-énergie-propre-révolutionnaire-grace-au-progrès, il sera de même aisé de continuer à utiliser la voiture si on veut.


[1] d’après l’Automobile club de France (lobby pro-voiture), on a les chiffres suivants pour 2011 :

– Voiture neuve « low cost » de 4 CV, 9000 km par an : 4500€/an (0,50€ du km)
– Voiture neuve de 6 CV, 9000 km par an : 6000€/an (0,65€ du km)
– Voiture d’occasion de 6 CV, 9000 km par an : 2500€/an (0,30€ du km)
– Voiture neuve de 5 CV, 15000 km par an : 7500€/an (0,50€ du km)

source : http://www.automobile-club.fr/budget

[2] voir par exemple http://carfree.free.fr/index.php/2005/02/28/le-mythe-de-lindispensable-automobile/

[3] voir la campagne pour la ville à 30km/h : http://www.fubicy.org/spip.php?article365

[4] ce qui permettrait, de surcroît, de revitaliser l’activité économique, si l’on en croit Christian Jacquiau dans Les Coulisses de la grande distribution, sorti en 2000, où il indique que chaque emploi créé dans la grande distribution détruit trois à cinq emplois dans le secteur des PME et du commerce de proximité, ce qu’a confirmé la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP). Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Jacquiau